La structure de l'Église



La structure de l'Église

Le Christ avait choisi des apôtres dont la mission était de recevoir et de transmettre sa parole. Les apôtres ont accompli leur mission et ont transmis la parole du Christ à des hommes fidèles. Ces hommes étaient des évangélistes, des pasteurs et des docteurs pour l'Église.

C'est lui qui a fait des dons particuliers aux hommes : il a donné aux uns d'être apôtres, à d'autres d'être prophètes, à d'autres encore d'être évangélistes, pasteurs ou enseignants (Ép 4.11).

Timothée était un évangéliste ; il annonçait la bonne nouvelle du salut en Jésus-Christ. Mais toi, sois sobre en tout, supporte les souffrances, fais l'œuvre d'un évangéliste, remplis bien ton service (2 Tm 4.5). Timothée devait aussi veiller à ce que des conducteurs spirituels qualifiés puissent être pasteurs (bergers) dans les Églises. Il reçut des directives de l'apôtre Paul pour le choix de ces pasteurs.

Cette parole est certaine : si quelqu'un aspire à la charge d'évêque, il désire une belle activité. 2 Il faut donc que l'évêque soit irréprochable, mari d'une seule femme, sobre, sensé, sociable, hospitalier, apte à l'enseignement, 3 qu'il ne soit ni adonné au vin, ni violent, mais conciliant, pacifique, désintéressé ; 4 qu'il dirige bien sa propre maison et qu'il tienne ses enfants dans la soumission, avec une parfaite dignité. 5 Car si quelqu'un ne sait pas diriger sa propre maison, comment prendra-t-il soin de l'Église de Dieu ? (1 Tm 3.1-5).

Tite reçut des directives apostoliques similaires :

Je t'ai laissé en Crête, afin que tu mettes en ordre ce qui reste à régler, et que, selon mes instructions, tu établisses des anciens dans chaque ville. 6 s'il s'y trouve quelque homme irréprochable, mari d'une seule femme, ayant des enfants fidèles, qui ne soient ni accusés de débauche ni indisciplinés. 7 Il faut en effet que l'évêque soit irréprochable comme intendant de Dieu, qu'il ne soit ni arrogant, ni coléreux, ni adonné au vin, ni violent, ni âpre au gain ; 8 mais qu'il soit hospitalier, ami du bien, sensé, juste, consacré, maître de lui, 9 attaché à la parole authentique telle qu'elle a été enseignée, afin d'être capable d'exhorter selon la saine doctrine et de convaincre les contradicteurs (Tt 1.5-9).

Dans le Nouveau Testament le choix des pasteurs est déterminé par les qualités spirituelles et morales et non par un rituel précis ou un mode particulier de désignation ou d'investiture. Il n'en reste pas moins vrai que l'imposition des mains est un geste biblique chargé de symbolisme et de solennité et par lequel ces hommes peuvent être consacrés à leur tâche devant Dieu et l'assemblée (Ac 14.23 ; 1 Tm 4.14 ; 5.22 ; cf. Ac 13.1-3).

Le peuple de Dieu doit écouter et respecter les pasteurs.

Obéissez à vos conducteurs et soyez-leur soumis. Car ils veillent au bien de vos âmes, dont ils devront rendre compte. Faites en sorte qu'ils puissent le faire avec joie et non en gémissant, ce qui ne serait pas à votre avantage (Hé 13.17 ; cf. 1 Th 5.12-13).


L'Église universelle et l'Église locale

Dès son origine, la structure essentielle de l'Église est constituée d'Églises locales placées sous la conduite spirituelle de presbytres (anciens) appelés aussi épiscopes (évêques, surveillants).

À l'origine, le mot « église » (grec, ecclésia) décrit au sens profane une assemblée réunie pour délibérer (voir le mot ecclésia en Ac 19.32 et dans les dictionnaires grec/français). Il désigne au sens religieux la communauté d'hommes et de femmes convoqués par Dieu et appelés hors du monde. Le Christ agit dans son peuple à travers des assemblées, des communautés de chrétiens (cf. Ac 9.31 ; 14.23 ; 15.41 ; 16.5 ; Rm 16.4, 5). Lorsqu'en Apocalypse chapitres 2 et 3 le Seigneur reprend les Églises d'Asie, la responsabilité et la personnalité de chaque Église est mise en avant.

Les écrits du Nouveau Testament révèlent que les Églises locales doivent s'efforcer d'entretenir les unes avec les autres des liens fraternels et d'entraide. Cependant, ces liens ne sont pas d'ordre hiérarchique. Les Églises locales se soumettent aux presbytres(anciens) choisis dans leur sein. Contrairement aux apôtres, les presbytres du Nouveau Testament n'exercent pas leur autorité en dehors de l'Église locale où ils ont été désignés pour être pasteurs (bergers).

Ce modèle structurel est celui qui correspond à l'Église telle qu'elle fut établie aux origines par les apôtres de Jésus-Christ (cf. Ac 14.23 ; 20.25-28 ; 1 Tm 3.1-7 ; Tt 1.5-9). L'apôtre Paul confie l'Église d'Éphèse aux presbytres (anciens) et « à Dieu et à sa parole de grâce, qui a la puissance de bâtir et d'édifier » (Ac 20.17-35). Timothée doit prendre garde à lui-même et à son enseignement (1 Tm 4.16). Tite doit enseigner ce qui est bon et utile aux hommes (Tt 3.8).

Cette structure fondamentale de l'Église est celle qui est la plus propice à l'édification « par la parole de grâce ». Une telle structure implique une grande liberté en Christ (puisqu'elle ne comporte pas une hiérarchie complexe et pesante) mais exige une grande responsabilité au niveau de chaque communauté et de la part de chaque chrétien. La liberté sans responsabilité aboutit au désordre, à l'anarchie et finalement à l'autodestruction. Une plus grande liberté implique nécessairement une plus grande responsabilité. Ce principe s'applique au niveau de l'Évangile lorsque l'on compare celui-ci avec la Loi de Moïse (Ga 5.13) et au niveau de l'Église lorsque l'on compare celle-ci avec le peuple d'Israël sous la loi de Moïse (Ga 2.4-10 ; 3.24-29 ; 5.1, 13-15 ; 6.1-6).

Le Christ est lui-même chef de l'Église (Ép 1.22). Il gouverne et édifie son Église dans la liberté : par la bonne nouvelle de la grâce de Dieu ; par le pardon et la réconciliation en Christ ; par les responsabilités qui en découlent pour chacun.


L'autorité et la soumission dans l'Église

L'autorité du Seigneur sur son peuple s'exerce tout d'abord à l'égard de chaque chrétien. Chaque disciple de Jésus doit choisir d'écouter et de suivre le Seigneur. Chaque croyant s'est personnellement engagé au Christ dans le baptême en Christ (1 P 3.21). L'Église ou la famille peuvent instruire et guider mais ne peuvent pas faire ce choix pour l'individu. En outre, le Seigneur appelle chaque croyant à rester fidèle, à persévérer dans la sanctification, à ne pas renier la foi sous peine d'être exposé au jugement de Dieu (voir 1 Co 6 ; Hé 12.25-29 ; 2 P 2.20-22).

Les mises en garde du Seigneur s'appliquent aussi à l'Église, à chaque communauté de croyants. Les lettres du Nouveau Testament sont adressées à des chrétiens et à des Églises. Certaines de ces Églises se trouvent déjà sur la voie de l'apostasie : à Corinthe, en Galatie, à Colosses, à Thessalonique, en Asie. Cette apostasie de l'Église est mise en parallèle avec l'infidélité d'Israël dans l'Ancien Testament (voir 1 Co 10.1-12 ; Hé, chapitres 3 et 4).

La nature même de l'Église veut que l'autorité ne puisse y être exercée d'une manière absolue ou tyrannique ; la soumission, elle non plus, ne peut pas être absolue. L'Église est le temple de Dieu. Ce temple doit être saint, consacré à Dieu. La tyrannie n'a pas sa place dans l'Église. Tout abus d'autorité dans l'Église constitue une déclaration de guerre à l'encontre de Celui qui est le seul chef et seul sauveur de l'Église. La tentation de l'abus d'autorité existe dès les origines de l'Église. Les apôtres s'opposent à cette tentation avec sévérité et mettent en garde les chrétiens à l'encontre de l'orgueil et du mauvais exercice de l'autorité au sein de l'Église :

J'exhorte donc les anciens qui sont parmi vous, moi, ancien comme eux, témoin de souffrances du Christ et participant à la gloire qui doit être révélée : 2 Faites paître le troupeau de Dieu qui est avec vous, non par contrainte, mais volontairement selon Dieu ; ni pour un gain sordide, mais de bon cœur ; 3 non en tyrannisant ceux qui vous ont été confiés mais en devenant les modèles du troupeau (1 P 5.1-3).

Dans l'Église de Corinthe des hommes se donnaient le titre d'« apôtres du Christ » et même d'« apôtres supérieurs » mais Paul écrit :Ces hommes-là sont de faux apôtres, des ouvriers trompeurs, déguisés en apôtres du Christ (2 Co 11.13). Ces faux apôtres voulaient asservir les chrétiens à leurs exigences. Ils allaient jusqu'à dépouiller les chrétiens de leur argent, traiter les chrétiens avec arrogance et même les frapper (2 Co 11.20) ! L'apôtre Jean mentionne aussi le cas de Diotrèphe : J'ai écrit quelques mots à l'Église ; mais Diotrèphe, qui aime à être le premier parmi eux, ne nous reçoit pas (2 Jn 9).

La soumission à de tels hommes est inconcevable au sein de l'Église. De même, les chrétiens et les Églises de Galatie devaient refuser de se soumettre aux faux docteurs judaïsants : Demeurez donc fermes, et ne vous remettez pas de nouveau sous le joug de l'esclavage(Ga 5.1). Ces hommes voulaient contraindre les chrétiens à se faire circoncire (Ga 6.12). Pierre avertit les chrétiens en ces termes :

Il y a eu de faux prophètes parmi le peuple ; de même il y a parmi vous de faux docteurs qui introduiront insidieusement des hérésies de perdition et qui, reniant le Maître qui les a rachetés, attireront sur eux une perdition soudaine. 2 Beaucoup les suivront dans leurs dérèglements et, à cause d'eux, la voie de la vérité sera calomniée (2 P 2.1-2 ; voir aussi : 1 Tm 4.1-5 ; 2 Tm 4.3-5 ; Ac 20.28-30 ; 2 Co 11.13-15 ; Ap 2.1-2).

L'apôtre avertit les presbytres d'Éphèse en leur disant :

Prenez donc garde à vous-mêmes et à tout le troupeau au sein duquel le Saint-Esprit vous a établis évêques, pour faire paître l'Église de Dieu qu'il s'est acquise par son propre sang. 29 Je sais que parmi vous, après mon départ, s'introduiront des loups redoutables qui n'épargneront pas le troupeau, 30 et que du milieu de vous se lèveront des hommes qui prononceront des paroles perverses, pour entraîner les disciples après eux (Ac 20.28-30).

Ces exemples montrent que l'abus d'autorité n'a pas lieu d'être dans l'Église car cet abus met en cause l'autorité souveraine du Christ.

L'abus d'autorité est source d'apostasie, c'est-à-dire d'écart, d'abandon de la foi. L'apostasie de l'Église est annoncée dans le Nouveau Testament et vient à travers le péché de l'orgueil, de l'élévation de l'homme à une position religieuse et spirituelle qui revient à Dieu seul (2 Th 2.3-5, cf. Mt 23.8-10). Une Église peut donc devenir apostate devant Dieu en raison des prétentions ou de l'orgueil de ses pasteurs. L'Église doit être connue pour la place souveraine qu'elle donne au Christ et pour l'humilité de ses pasteurs.


Compléter le corps du Christ >>

i-Evangile: Ressources bibliques


Texte édité par F.C.P. (Formation Chrétienne Permanente)
B.P. 66 / 34002 Montpellier Cedex 1
France
© 1999


Avez-vous une question ou un commentaire ?
Nous serions heureux de l’entendre

brady.steph
@bluewin.ch

© 2016 I-EVANGILE  |  accueil  |  Contact  |  plan du site