La foi de l'Église



La foi de l'Église

La foi de l'Église vient des apôtres du Christ ; c'est pour cela qu'elle est « apostolique ». Le caractère apostolique de l'Église comporte deux aspects. Premièrement, l'Église est fondée sur l'Évangile annoncé par les apôtres du Christ. Deuxièmement, l'Église a une mission, elle est missionnaire, car le mot « apôtre » désigne quelqu'un qui est envoyé en mission. Ainsi, l'Église est apostolique dans son origine ainsi que dans sa finalité. En réalité, son origine et sa finalité apostoliques ne font qu'un puisque les apôtres du Christ étaient les premiers missionnaires, les premiers témoins du Christ et du dessein de Dieu.

La mission de l'Église consiste essentiellement à témoigner de la mort, de la résurrection et de l'ascension du Christ. Les apôtres ont vu et ont cru ; heureux ceux qui ont cru sans avoir vu. Ce bonheur ne repose pas sur une foi sans fondement ou irrationnelle. Elle est fondée sur le témoignage de ceux qui ont vu de leurs propres yeux.

Le caractère apostolique de l'Église constitue son lien historique avec le Christ. Quel pont enjambe les dix-neuf siècles qui nous séparent de notre Seigneur ? Comment savons-nous ce que le Christ a vraiment enseigné ? Comment savons-nous ce qu'il faut croire ?

Le Christ enseigne son peuple à travers la tradition des apôtres consignée dans les écrits du Nouveau Testament. Les apôtres ont une autorité sur le peuple de Dieu ; par leur enseignement, ils « lient » ou « délient », ils pardonnent ou condamnent. Le Christ a donné cette autorité aux apôtres, et dès les origines du christianisme leur enseignement constitue la norme pour la vie des chrétiens et des Églises.

Je te donnerai les clés du Royaume des cieux : ce que tu interdiras sur terre sera interdit dans les cieux ; ce que tu permettras sur terre sera permis dans les cieux (Mt 16.19 ; cf. Mt 18.18).

L'Église est édifiée sur le fondement posé par les apôtres et les prophètes.

Vous avez été intégrés dans la construction qui a pour fondation les apôtres et les prophètes, et Jésus Christ lui-même comme pierre maîtresse (Ép 2.20 ; cf. Ap 21.14).

Les écrits du Nouveau Testament remontent, pour l'essentiel, aux temps apostoliques. De ce fait certains croyants considèrent leur enseignement comme quasiment caduc pour la vie de l'Église. Cependant, ceux qui pensent ainsi tirent leur foi, leur espérance et leurs convictions morales de ces mêmes écrits. Ces croyants considèrent que les écrits apostoliques sont applicables à la foi au Christ et à la morale personnelles, mais non à la vie de l'Église dans son fonctionnement et son organisation. L'Église serait-elle une donnée moins importante pour la vie chrétienne que ne le sont la foi et la morale personnelles ?

Bien que morts aux yeux des hommes, les apôtres sont vivants pour Dieu et demeurent les fondements de l'Église, le Christ étant la pierre de l'angle. La tâche de l'Église est de rendre témoignage à la vérité apostolique, de transmettre fidèlement la bonne nouvelle du dessein de Dieu. L'Église est « une » et « apostolique » à condition d'être soumise aux injonctions apostoliques.

Il s'ensuit que si l'Église n'est pas perçue par les gens comme étant digne de confiance et crédible en matière de vérité, ils n'auront pas non plus confiance dans l'Évangile. Voilà pourquoi l'apostolicité est chancelante si l'Église n'est pas sainte, honnête, fidèle aux enseignements des apôtres, si elle n'est pas un témoin véridique et digne de confiance. Dans ce cas, le message « ne passe pas » parce que le messager « ne passe pas ». Il faut les deux. L'Évangile lui-même est une folie et un scandale pour le monde. Les gens en viennent à croire cette folie pour la même raison qu'ils crurent à la prédication incroyable du Christ : parce qu'ils avaient confiance en lui.


La fondation des apôtres

La foi chrétienne n'est pas fondée sur des idées philosophiques ou des idéologies, elle est fondée sur des événements historiques attestés par des témoins oculaires. Relisons les sermons apostoliques dans le livre des Actes. Ils sont tous centrés sur le triple événement historique de la mort-résurrection-ascension de Jésus.

Ce qui était dès le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché du Verbe de vie 2 &emdash; car la vie s'est manifestée, et nous avons vu et nous rendons témoignage et nous vous annonçons la vie éternelle, qui était tournée vers le Père et s'est manifestée à nous &emdash;, 3 ce que nous avons vu et entendu, nous vous l'annonçons, à vous aussi, afin que vous aussi vous soyez en communion avec nous. Et notre communion est avec le Père et avec son Fils Jésus Christ (1 Jn 1.1-3).

Voici en quoi consiste la vraie « succession apostolique ».

Et c'est grâce à lui que les uns et les autres, dans un seul Esprit, nous avons l'accès auprès du Père. 19 Ainsi, vous n'êtes plus des étrangers, ni des émigrés ; vous êtes concitoyens des saints, vous êtes de la famille de Dieu. 20 Vous avez été intégrés dans la construction qui a pour fondation les apôtres et les prophètes, et Jésus Christ lui-même comme pierre maîtresse. 21 C'est en lui que toute construction s'ajuste et s'élève pour former un temple saint dans le Seigneur. 22 C'est en lui que, vous aussi, vous êtes ensemble intégrés à la construction pour devenir une demeure de Dieu par l'Esprit (Ép 2.18-22).

Prenons note dans ce texte des formules trinitaires : grâce au Christ, dans l'Esprit, nous avons accès au Père. C'est l'Esprit qui assemble la demeure. Certes, le Père en a dessiné le plan, le Fils l'a exécuté, mais c'est l'Esprit qui, en tant que médiateur de la vérité, maintient la construction. C'est l'Esprit qui conserve l'œuvre terrestre du Fils une fois que celle-ci est achevée. Lorsque l'apôtre demeure dans le Seigneur après son départ, c'est avant tout une œuvre de l'Esprit.

Pour parler de la nouvelle communauté, de l'Église, l'apôtre introduit l'image d'un édifice sacré, d'un temple. Les fidèles sont représentés comme des pierres ou des briques &emdash; des matériaux de construction &emdash; qui ont été posées sur un fondement (Col 2.7 et 1.23). Les apôtres et les prophètes constituent un fondement dans le sens où ils ont reçu la révélation de l'Évangile et la mission de le proclamer. L'autorité des apôtres remonte au Christ lui-même qui les a choisis et leur a confié les mystères du royaume ; les prophètes parlent avec autorité parce qu'ils sont inspirés de l'Esprit. Dans l'histoire de l'Église primitive, cet Esprit répandait les dons extraordinaires de sa grâce avec une profusion particulière. Ces dons confirmaient le choix du Christ et le témoignage de ses apôtres, ses envoyés (Hé 2.1-4).

Par leur enseignement, les apôtres constituent le lien qui nous maintient en communion avec le Christ. Leur enseignement, avec les révélations apportées par les prophètes chrétiens, nous dévoile le dessein que Dieu avait accompli dans le Christ en vue de créer l'Église. Par les apôtres, les fidèles ont accès au Fils qui, à son tour, les conduit à Dieu le Père. Les lecteurs de Paul savent qu'ils ont à s'intégrer : ils ont leur place dans le dessein de Dieu et cette place se situe dans la construction prévue dans ce dessein. Ils doivent collaborer à réaliser les intentions du Père sur cette maison : qu'elle devienne sainte. Le temple est saint parce qu'il correspond à l'intention sainte du Seigneur, parce qu'il accueille les saints et qu'il croît en sainteté en présence du Père.

La fondation des apôtres et des prophètes est vraiment un bienfait, puisqu'on peut se tenir sur elle et bâtir sur elle. Fondation ou fondement signifient un appui sûr et des attaches très solides, c'est-à-dire exactement l'opposé de ce ballottement sans appui à tout vent de doctrine, dont il est question plus loin dans cette lettre (Ép 4.14).

L'apostolicité comporte donc deux faces, deux visages : un visage qui regarde en arrière vers le passé et qui lie la foi à des réalités concrètes et historiques ; un autre visage qui regarde en avant, vers la mission qui consiste à témoigner au monde. « Allez par le monde entier, proclamez l'Évangile à toutes les créatures » (Mc 16.15). Telle est la mission apostolique de l'Église. Elle accomplit cette mission non seulement par les mots qu'elle proclame mais aussi par sa propre vie de fidélité. Même la morale, pour le chrétien, ne consiste pas simplement à imiter un modèle exemplaire ni à obéir à une loi. La morale doit manifester le Christ ; elle est le fruit de la vigne dont nous sommes les sarments. C'est le résultat concret de l'invasion du Christ dans notre monde et dans notre vie, le fruit de notre communion avec lui par l'intermédiaire de ses apôtres. Même la morale est apostolique.


Faire des saints

Les deux faces de l'apostolicité &emdash; point de départ d'où nous sommes envoyés et direction où nous sommes envoyés &emdash; constituent le visage du Christ. Un apôtre est quelqu'un qui est envoyé par le Christ pour proclamer le Christ, pour compléter son œuvre. Et cette œuvre consiste à faire des saints, c'est-à-dire à rendre les êtres humains pleinement humains.

Cette expression « pleinement humain » est souvent mal comprise et tend à réduire la mission surnaturelle de l'Église. L'Église trahit sa mission et son Seigneur si elle laisse les psychologues et les sociologues qui ne connaissent pas le Christ lui dicter ce qu'elle est censée faire. Nous sommes envoyés pour être pleinement humains tout comme le Christ était pleinement humain, pour aimer comme lui a aimé. Nous ne sommes pas envoyés pour être gentils, pour avoir une bonne journée, pour donner un petit coup de main ou pour construire ce que d'autres cherchent à construire. Non, nous avons une mission distinctive, un projet différent.

Nous vivons simultanément dans deux mondes différents. Il est normal que nous coopérions aussi dans la construction d'un meilleur monde ici-bas. Toutefois, la raison d'être de l'Église n'est pas de remplacer les services sociaux, mais d'appeler les hommes au salut, de représenter le Christ dans le monde. Cette mission englobe le secours matériel aux pauvres et la libération des opprimés. Jésus a guéri des malades, mais ces guérisons étaient surtout des signes destinés à montrer son pouvoir de nous guérir tous de notre péché. Le Christ a aimé les pauvres, mais il est venu surtout nous libérer de notre pauvreté spirituelle. Les œuvres qu'il a accomplies dans le temps étaient surtout des signes d'une œuvre pour l'éternité. Même Lazare devait mourir à nouveau, mais Jésus disait : « Celui qui croit en moi ne mourra jamais. »

L'Église apostolique est envoyée devant le monde pour représenter le Christ. Ce n'est pas là une pensée réconfortante. Car Jésus a averti ses apôtres : « Le serviteur n'est pas plus grand que son maître ; s'ils m'ont persécuté, ils vous persécuteront vous aussi » (Jn 15.20). Nous sommes appelés non à être compris mais à comprendre, non à être aimés mais à aimer. Quand nous aimons comme il a aimé, nous risquons de trouver une croix sur notre chemin. Mais telle est la destinée de l'Église : vivre avec le Christ dans l'amour, mourir avec le Christ dans l'espérance, ressusciter avec le Christ dans la gloire.


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Texte édité par F.C.P. (Formation Chrétienne Permanente)
B.P. 66 / 34002 Montpellier Cedex 1
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